đŸ‡”đŸ‡± MalgrĂ© une propagande anti-immigration, la Pologne accueille plus de travailleurs migrants que partout ailleurs dans le monde

(…) À l’approche des Ă©lections, le chef du parti, JarosƂaw KaczyƄski, a refusĂ© d’accueillir des rĂ©fugiĂ©s Ă  un moment oĂč l’Union europĂ©enne tentait d’installer 160 000 personnes dĂ©sespĂ©rĂ©es parmi les États membres de l’Union europĂ©enne. KaczyƄski a averti que les migrants transportaient «toutes sortes de parasites et de protozoaires, qui
 bien que n’Ă©tant pas dangereux dans les organisations de ces personnes, pourraient ĂȘtre dangereux ici».

Un remplacement progressif de la question ethnique par des discours de dĂ©fense de l’ordre moral chrĂ©tien

(…) Bien qu’ayant Ă©tĂ© frappĂ© par des scandales trĂšs mĂ©diatisĂ©s ces derniers mois et en violation du droit de l’UE avec ses rĂ©formes judiciaires controversĂ©es, la plupart des sondeurs s’attendent Ă  ce que le PiS rĂ©pĂšte sa victoire de 2015, grĂące Ă  une combinaison de dĂ©penses sociales gĂ©nĂ©reuses, d’une Ă©conomie en plein essor et de plus d’avantages promis, y compris une augmentation des allocations familiales, de meilleures pensions et un salaire minimum plus Ă©levĂ©. Cependant, plutĂŽt que de diaboliser les migrants pour assurer le succĂšs Ă©lectoral, cette fois «  l’ennemi Ă  la porte  » est «  l’idĂ©ologie du genre  » – droits reproductifs, Ă©ducation sexuelle, Ă©galitĂ© des sexes et, surtout, droits LGBTI – qui est considĂ©rĂ©e comme une menace existentielle. aux valeurs de la famille catholique polonaise.

«Nous ne sommes pas confrontĂ©s Ă  une crise migratoire profonde. Il n’y a pas de foule qui tente d’atteindre l’Europe [comme c’Ă©tait le cas en 2015]. Par consĂ©quent, le gouvernement ne peut pas montrer d’images dramatiques », dĂ©clare le professeur Antoni Dudek, politologue et historien Ă  l’universitĂ© Cardinal Stefan WyszyƄski de Varsovie. «En outre, la migration est un sujet qui ne leur convient pas.»

La Pologne, premiĂšre destination mondiale des migrations avec 1 million de travailleurs migrants rien que pour l’annĂ©e 2017

En 2017, la Pologne a accordĂ© la rĂ©sidence Ă  683 000 Ă©trangers, selon Eurostat – un cinquiĂšme de tous ces permis dĂ©livrĂ©s dans tous les États membres de l’UE-28 et de loin le plus grand nombre pour un seul pays. Quatre-vingt-sept pour cent de ces visas Ă©taient pour le travail. En outre, selon les Perspectives des migrations internationales de l’OCDE 2019, la Pologne a accueilli un nombre record de migrants ces derniĂšres annĂ©es: en 2017, avec 1,1 million de travailleurs migrants enregistrĂ©s, la Pologne Ă©tait la premiĂšre destination mondiale des migrations temporaires, devant les États-Unis. Ils viennent de l’est – et mĂȘme plus Ă  l’est Bien qu’elle accueille un nombre record de travailleurs migrants, la Pologne a encore besoin de plus de travailleurs pour alimenter son Ă©conomie en plein essor – 1,5 million de plus d’ici 2025, selon PricewaterhouseCoopers. (…)

La Pologne se tourne maintenant vers l’Asie du Sud-Est pour l’aider Ă  combler sa pĂ©nurie de main-d’Ɠuvre

Tout employeur polonais qui souhaite embaucher un Ă©tranger doit d’abord prouver que le poste ne peut pas ĂȘtre pourvu sur place avant de demander un permis de travail (qui est dĂ©livrĂ© par l’autoritĂ© locale et reste valable jusqu’Ă  trois ans). La plupart des entreprises paient alors l’une des 8642 agences de recrutement qui embauchent Ă  la fois des travailleurs temporaires (embauchĂ©s directement par l’agence et envoyĂ©s en affectation temporaire dans diffĂ©rentes entreprises) et des travailleurs de plus longue durĂ©e (qui sont embauchĂ©s directement par une seule entreprise) pour trouver des travailleurs, prĂ©parer le documents, organiser le voyage et former les travailleurs en vue de prendre des postes vacants.

Selon MichaƂ Wysocki, expert en droit de l’immigration, les entreprises polonaises de premier ordre prĂ©fĂšrent de plus en plus embaucher des travailleurs directement Ă : «Les employeurs qui investissent dans l’importation d’un travailleur Ă©tranger de si loin veulent crĂ©er un lien entre eux et une entreprise afin qu’ils peuvent rester en Pologne et faire venir leurs familles ».

Le nombre de travailleurs asiatiques en Pologne est actuellement encore faible, mais il devrait augmenter considĂ©rablement dans les annĂ©es Ă  venir. Selon les donnĂ©es du ministĂšre du Travail consultĂ©es par Equal Times, le deuxiĂšme plus grand nombre de permis de travail octroyĂ©s Ă  un seul pays en 2018 est allĂ© Ă  22336 travailleurs nĂ©palais (contre 262461 permis accordĂ©s aux travailleurs ukrainiens et les 21007 permis accordĂ©s aux travailleurs. du BĂ©larus, le troisiĂšme plus grand nombre pour un seul pays). En outre, 10 002 travailleurs bangladais et 9 706 travailleurs indiens ont obtenu un permis de travail la mĂȘme annĂ©e.

(…) «Les travailleurs d’Asie sont solides, consciencieux et prĂ©cis, rĂ©sultat de leur Ă©ducation asiatique», affirme un recruteur nommĂ© ‘Jack’ de GdaƄsk, prĂ©sentant ses services en tant que recruteur de travailleurs du NĂ©pal, du Bangladesh et de l’Inde au sein du conseil de l’emploi de Lento. PL. «Ils sont douĂ©s pour faire des travaux physiques rĂ©pĂ©titifs, nĂ©cessitant des compĂ©tences manuelles, de l’endurance et de l’attention.» Jack offre aux entreprises une garantie «Essayez avant d’acheter» – si aprĂšs un mois, un ouvrier ne rĂ©pond pas aux exigences de l’employeur, l’entreprise trouvera un autre travailleur sans aucun frais.

Equal Times a Ă©galement vu une annonce de JDM Poland, une agence de recrutement de Varsovie, annonçant les travailleurs migrants sur Gumtree comme Ă©tant «100% disponibles et disposĂ©s Ă  travailler plus de 200 heures par mois». Selon le Code du travail polonais, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, le temps de travail ne peut pas dĂ©passer une moyenne de 40 heures par semaine de travail de cinq jours. L’agence assure aux employeurs potentiels que «les heures supplĂ©mentaires sont au mĂȘme taux [du salaire normal]».

(…) Mais il est peu probable que l’embauche de travailleurs Ă  l’Ă©tranger s’arrĂȘte de si tĂŽt, d’autant plus que les reprĂ©sentants des entreprises font actuellement pression sur le gouvernement pour qu’il facilite les procĂ©dures d’embauche de travailleurs migrants. L’ambassade de Pologne Ă  New Delhi, par exemple, qui couvre l’Inde, le NĂ©pal et le Bangladesh, a actuellement plus de demandes de visa qu’elle ne peut en traiter.

En consĂ©quence, de nombreuses agences de recrutement placent dĂ©sormais leurs espoirs sur les travailleurs philippins pour pourvoir des emplois dans le secteur informatique et sur les travailleurs vietnamiens pour pourvoir les postes vacants dans les usines et la construction. «Lorsque nous prenons en compte les besoins du marchĂ© rĂ©sultant de la dĂ©mographie, de l’Ă©migration des Polonais et du manque de main-d’Ɠuvre, la Pologne n’a d’autre choix que de faire venir des travailleurs d’Asie», dĂ©clare Grzegorz Tokarski, expert du secteur privĂ© et PDG de Filipino Overseas Entreprise de recrutement de travailleurs.

Et pour les travailleurs migrants qui arrivent en Pologne, de nouvelles opportunitĂ©s attendent quelques privilĂ©giĂ©s. Love a amenĂ© Rahul Pathare, 35 ans, en Pologne depuis l’Allemagne, oĂč il a Ă©tudiĂ© les affaires internationales. Originaire de Mumbai, Rahul a dĂ©mĂ©nagĂ© en Pologne en 2016 pour vivre avec sa dĂ©sormais Ă©pouse, Katarzyna, qu’il a rencontrĂ©e lors de ses Ă©tudes Ă  Fribourg.

Les jeunes mariĂ©s se sont installĂ©s Ă  UniejĂłw, une petite ville situĂ©e Ă  environ une heure au nord-ouest de ƁódĆș, la troisiĂšme plus grande ville de Pologne. Rahul travaille dans une agence de publicitĂ© Ă  Varsovie pendant la semaine et revient Ă  la maison avec sa femme et sa fille Sara, ĂągĂ©e de deux ans, le week-end. «Je me sens bien en Pologne», dit-il Ă  Equal Times. «J’ai un excellent travail, une maison et une famille ici.»

« La Pologne n’est pas habituĂ©e aux immigrĂ©s bruns et noirs »

Latika Bhardwaj a connu une pĂ©riode plus difficile. «La Pologne n’est pas habituĂ©e aux immigrĂ©s bruns et noirs», dĂ©clare l’analyste des factures de 26 ans venu en Pologne depuis Auckland il y a un an pour travailler. «Je ne dis pas que tous les Polonais sont racistes», mais elle dit avoir rencontrĂ© une certaine hostilitĂ©, notamment dans les magasins, qu’elle attribue Ă  sa couleur de peau.

equaltimes.org

 

 

Notes :

La Pologne catholique prend une position pro-Turquie forte. Quelques faits récents :

1) La Pologne soutient l’adhĂ©sion de la Turquie Ă  l’UE

2) La Pologne dĂ©ploiera des troupes sur la base d’Incirlik

3) L’ambassadeur de Pologne en Turquie a affirmĂ© « qu’il n’y a pas un seul problĂšme » avec la Turquie

 

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Yann

Éternellement attachĂ© Ă  l'occidentalisme. Suivez-moi sur Telegram / Page VK