🌏 Les Indiens sont mieux Ă©quipĂ©s en toilettes, mais refusent de les utiliser

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Le plan du gouvernement pour « en finir avec la dĂ©fĂ©cation en plein air » n’a pas convaincu une partie de la population.

Les cahutes sont agglutinĂ©es les unes aux autres au bord de la mer d’Arabie. C’est sur les rares mĂštres carrĂ©s encore inoccupĂ©s du bidonville de Walkeshwar, dans la mĂ©gapole de Bombay, entre trois baraquements et deux tas d’ordures, que les autoritĂ©s ont entrepris de construire des toilettes publiques.

En arrivant au pouvoir en 2014, le premier ministre Narendra Modi, candidat Ă  un deuxiĂšme quinquennat aux lĂ©gislatives qui se tiennent en plusieurs phases jusqu’au 23 mai, s’était juré « d’en finir avec la dĂ©fĂ©cation en plein air » en Inde, en lançant la mission Swachh Bharat (« L’Inde propre ») pour bĂątir des toilettes publiques un peu partout, et aider les Indiens Ă  s’équiper Ă  domicile.

Le candidat Modi en a fait un argument de campagne de nouveau cette annĂ©e, en expliquant qu’il fallait le rĂ©Ă©lire pour que le programme soit menĂ© Ă  son terme d’ici au 150e anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi, lequel donnera lieu Ă  de grandes cĂ©lĂ©brations dans toute l’Inde, en octobre.

« Quatre mois avant les Ă©lections, la mairie a installĂ© deux WC au bout de notre impasse, mais les femmes sont les seules Ă  les utiliser. Les hommes, eux, prĂ©fĂšrent continuer d’aller faire leurs besoins entre les rochers, Ă  toute heure du jour et de la nuit », racontent les frĂšres Yadav. AgĂ©s de 14 et 21 ans, Ritik et Rahul montrent la clĂ© du cadenas des toilettes. Une copie a Ă©tĂ© donnĂ©e aux dix maisons minuscules les plus proches, oĂč vivent environ 70 personnes.

« Tout part dans la mer »

Sur le mur latĂ©ral, une plaque en granit noir rappelle le nom de leur bienfaiteur, Mangal Prabhat Lodha, Ă©lu local du Parti du peuple indien (BJP, nationaliste hindou, au pouvoir). « Notre communautĂ© lui avait Ă©crit cinq ou six fois pour obtenir ces WC, mais l’ennui, c’est qu’il n’y a pas d’eau Ă  l’intĂ©rieur, prĂ©cisent les deux garçons. On est obligĂ©s d’aller remplir un seau au robinet collectif avant de les utiliser. Et ensuite, tout part dans la mer. » Le gain Ă©cologique est nul, mais au moins, les femmes ont gagnĂ© en intimitĂ©.

Source : Le Monde

Yann Merkado

Liberté, remigration et occidentalisme. La misogynie mÚne à l'antiracisme et aux rectocÚles. Ma philosophie : Very Few Lives Matter